Intervention d’Anouche AGOBIAN

Vous nous proposez aujourd’hui d’engager la candidature de la ville de Grenoble au titre de « capitale verte européenne en 2022 ».

Encore un très bon slogan de campagne pour les municipales de 2020 … Sauf que encore une fois, c’est en grande partie grâce à la Métro et aux précédents mandats que vous allez pouvoir candidater !

Nous voterons pour cette délibération comme pour celle qui viendra plus tard dans le conseil concernant la candidature de Grenoble à la labellisation « Cit’ergie Gold. Plan d’action air énergie climat 2019 2025 ».

Nous les voterons parce que bien sûr ces démarches sont dans la continuité de l’engagement de la ville de Grenoble dans une politique globale air énergie santé climat menée depuis le 11 juillet 2005 date à laquelle le premier plan climat local avait été adopté par la seconde municipalité de Michel Destot.

Oui, Grenoble a depuis de nombreuses années menées une politique ambitieuse de lutte contre le réchauffement climatique, de préservation des ressources naturelles, d’intégration de la santé environnementale pour tous les citoyens.

Cette politique a été reconnue et récompensée à de nombreuses reprises, je l’ai déjà souligné lors de mes interventions concernant les bilans développement durable mais il n’est pas inutile de rappeler que l’action de la Ville de Grenoble en matière de Développement durable avait été engagée à Grenoble bien avant 2014 et avait reçu de multiples  reconnaissances nationales et internationale pour la Zac De Bonne et pour le dispositif “Facteur 4”

 

Rappelons que sur le territoire de Grenoble :

•          la consommation d’énergie a baissé de 10% (14% attendu en 2014) ;

•          la production d’énergies renouvelables atteint 11% (14% attendu en 2014) ;

•          les émissions de GES ont baissé de 16% (soit au delà des objectifs fixés à 14% en 2014), celles de particules PM10 de 20% (-24% attendus en 2014), et d’oxyde d’azote de 33% (-47% attendus en 2014).

•          Pour les bâtiments de la Ville de Grenoble : avec une consommation énergétique des bâtiments en baisse de 19 % depuis 2005, la Ville a fait mieux que l’objectif qu’elle s’était fixé (10 %).

Elle a ainsi permis d’intégrer sans passer par les niveaux 1 et 2, le niveau 3, niveau de la labellisation Cit’ergie en 2016. Autant dire que vous n’avez fait que récolter le fruit des efforts menés avant votre arrivée.

Est-il aujourd’hui raisonnable de dire que vous avez poursuivi ses efforts ?

Nous avons déjà à plusieurs reprises, et notamment lors des présentations des « bilans développement durables », constaté la faiblesse de votre action vous contentant de reprendre à votre compte les actions menées au niveau de la métro sans même la nommer.

 

Aujourd’hui vous proposez d’engager la ville dans cette candidature au titre de capitale verte européenne

Autant dire, encore une fois, que La Métro fera le boulot puisque les villes candidates seront évaluées sur la base de 12 indicateurs cumulatifs dont :

·       la contribution locale à la lutte contre le changement climatique planétaire

·       les transports

·       les espaces verts urbains

·       le bruit

·       la production et la gestion des déchets la nature et la biodiversité l’air la consommation d’eau le traitement des eaux usées

·       l’éco innovation et l’emploi durable

·       la gestion de l’environnement par les pouvoirs locaux

·       la performance énergétique

Il aurait donc été naturel que La Métro porte cette candidature puisque la plupart de ces critères correspondent à des politiques métropolitaines mais « coup de chance » pour vous seules les villes de plus de 100 000 habitants qui sont concernées et peuvent déposer leurs candidatures 

C’est donc Grenoble plutôt que La Métro qui pourra devenir capitale verte européenne en 2022

Sans attendre, votre communication autour de la biennale aura permis de faire croire que les choses été déjà faites.

Dans ces conditions et pour réellement mériter cette future reconnaissance, nous attendons que la ville redouble d’efforts et agissent en menant réellement des politiques correspondant aux objectifs à atteindre.

Nous avions fait le constat que dans le rapport consacré à la situation en matière de développement durable de la ville de Grenoble que pas une ligne n’était consacrée au dispositif ou au bilan cœur de ville cœur de Métropole. Rien !

Et pourtant ce dispositif était présenté à l’origine comme mettant LE dispositif permettant de lutter pour la qualité de l’air respiré par les grenoblois et l’ensemble des métropolitains.

Nous vous rappelons que CVCM que vous avez lancé sans aucune étude d’impact avait pour  objectif de « Réduire les nuisances et la pollution ».

•          Et bien précisément la pollution a augmenté de 15 % et démontre l’impact négatif sur la congestion du trafic et sur les nuisances sonores. Cette aggravation de la pollution est la conséquence directe de celle des embouteillages.  Deux ans de CVCM ont en effet suffit à faire grimper Grenoble de la 10ème à la 6ème place dans le classement des villes les plus embouteillées (sources INRIX)

•          Bruxelles  a déféré la France devant la Cour de Justice de l’Union Européenne et Grenoble est concernée car le dépassement du niveau maximal fixé par l’OMS a été multiplié par 2,3 selon les mesures ATMO.

•          Et le Président du SMTC en déclarant  que  « En 2025, plus aucun habitant de la Métropole ne sera soumis à des dépassements des seuils réglementaires européennes sur le dioxyde d’azote » a en fait officiellement annoncé 10 ans de retard par rapport à l’engagement de santé publique pris par la Ville et la Métro, en février 2014 c’est à dire simultanément à votre prise de responsabilité, qui était de ne plus dépasser les seuils d’émission en dioxyde d’azote après 2015. Cet engagement était (et est toujours) inscrit dans le PPA,

Aujourd’hui donc

Il est donc urgent d’agir

•          pour que les Grenoblois ne voient par leur santé impactée pendant dix années supplémentaires avec un dépassement du seuil de pollution défini par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

•          Et également donner de la crédibilité au dossier présenté pour obtenir le titre de capital verte européenne en 2022

Donc oui nous allons voter les deux délibérations parce qu’elles concrétisent ce qu’a été l’engagement de Grenoble depuis de nombreuses années et que nous espérons qu’il puisse le rester encore pour de nombreuses années.