Intervention d’Anouche AGOBIAN

L’occasion de cette délibération vous avez souhaité présenter un  bilan  de votre mandat en ce qui concerne le volet éducation.

Nous félicitons bien sûr ce qui a pu être réalisé depuis 2014 aux bénéfices des petits écoliers Grenoblois. Il est vrai que pour l’essentiel vous avez poursuivi les actions engagées avant votre arrivée.

Avant de rentrer dans les détails quelque bons points concernant trois dossiers :

•          d’abord la décision de  maintenir la semaine  à quatre jours et demi

•          la continuité de l’attention portée à la qualité des repas dans les cantines même si le 100 % bio tel que vous l’avez si souvent martelé tout en sachant que vous ne pouviez pas l’atteindre

•          Une amélioration notable pour des bâtiments sains et durables

Si votre délibération précise que  « cet engagement de la Ville s’est traduit dans le partenariat conclu avec l’UNICEF dans le cadre de l’obtention du titre «Ville amie des enfants ».

Ce que vous présenté comme une sorte « d’évidence », la « traduction d’un engagement » a malgré tout dû attendre le mois de mars 2019 et votre décision de ré adhérer au dispositif « Ville amie des enfants ».

En effet dès le début de votre mandat vous aviez décidé de suspendre cette adhésion à laquelle la ville de Grenoble était adhérente depuis de nombreuses années.

Et vous n’aviez pas répondu à la sollicitation du Président de l’UNICEF venu à Grenoble en novembre 2016, pour vous demander de redevenir « ville amie des enfants ».

En effet si vous  n’avez eu de cesse de déclarer l’école « priorité du mandat »

pourtant dans les actes, et malgré la communication  que vous construisez pour le faire croire,  on doit se rendre à l’évidence que non , vous n’avez pas tout fait pour réaliser cet objectif ,

Vous n’avez tout d’abord pas fait le choix de préserver l’école,  de sanctuariser l’école , cet espace essentiel pour les apprentissages et la lutte contre les inégalités lorsque vous avez engagé le plan de destruction des services publics municipaux.

Une priorité ça se défend, d’autant plus lorsque cela concerne la construction de l’avenir de petits Grenoblois.

L’école, votre « priorité » est malgré tout passée à la moulinette comme l’ensemble des secteurs de l’action municipale

Il suffit de constater les nombreuses décisions prises depuis 2014 et qui ont ainsi impacté négativement le quotidien des écoliers grenoblois :

•          baisse des dotations aux écoles

•          fin du péri-scolaire 100 % gratuit

•          augmentation des tarifs de restauration scolaire

•          abandon des classes passerelles

•          fermeture de trois bibliothèques de quartier accueillant les classes et l’aide aux devoirs

•          baisse des subventions aux associations socio culturelles

•          fermeture de la section audiovisuelle à l’école du Grand Châtelet

 

Vous avez aussi fait le choix de réduire les moyens humains mobilisés au service de l’éducation et de la santé des écoliers

•          suppression des agents qui sécurisaient les passages piétons à la sortie des écoles

•          Le service de santé scolaire a vu ses effectifs fondre (passant de 50 ETP en 2014 à 33 aujourd’hui) et le périmètre de ses missions a été fortement réduit. 

•          La situation des personnels des écoles.   On ne compte plus le nombre de mouvements de grève que les agents d’entretien, les Atsem et les animateurs péri-scolaire ont fait durant votre mandat … la dernière date du 6 mai.

Ce personnel qui pourtant porte la grande responsabilité du bon déroulement des journées de classe pour les tous petits en sections de maternelle a souhaité en vain montrer la pénibilité mais aussi la précarité de leurs emplois … Vous avez certes  négocié quelques avancées dans la gestion de ces agents mais qui ne vont pas assez loin.

La réalité c’est qu’il faut toujours environ 5 jours pour remplacer une Atsem ou un agent d’entretien ! Et que leur travail est toujours réparti sur les agents présents et déjà border line !

Quand allez-vous enfin prendre en considération les appels à l’aide de ces services sinistrés ?

Je rappelle que le protocole d’accord signé en 2013 offrait aux enfants de Grenoble une ATSEM par classe. Ou en est ce protocole maintenant ?

Concernant les temps périscolaire et la professionnalisation des animateurs, vous nous indiquez qu’aujourd’hui que seulement 8 sites sont déclarés en accueil collectif de mineurs ceci sur 58 groupes scolaires. Pourtant vous indiquiez en 2016 que vous souhaitiez augmenter ce nombre … Aujourd’hui qu’en est-il ?  On est encore loin d’une généralisation de la qualité des temps d’accueil des enfants.

Le « plan école » lui aussi n’a cessé de prendre du retard

Vous rappelez en introduction de cette délibération que le 21 septembre 2015 «  pour faire face à une augmentation importante des effectifs sur la période 2006-2016, le Plan écoles a défini les principaux investissements 2015-2021 pour augmenter les capacités  d’accueil des écoles de la Ville, adapter les restaurants scolaires et entretenir le patrimoine scolaire. »

Nous sommes en Juin 2019 ! Que peut-on constater ?

Tout d’abord

·       que les écoles que vous avez  trouvé en arrivant, vous ont permis de répondre à la progression des effectifs mais aussi au dédoublement des classes en REP

·       que sur les 6 écoles annoncées,

    • seule l’école Simone Lagrange, projet engagé au cours du dernier mandat, aura été construite.
    • L’école Arthaud réhabilitée ouvrira en septembre 2019 c’est-à-dire à 6 mois de la fin du mandat
    • et les travaux de l’école Hoche ont démarré au début de l’année 2019.

 

Et pour les autres écoles ?

Certaines ont pris du retard

·       Diderot  initialement prévue en 2020  devrait ouvrir en 2021

·       Flaubert initialement prévue pour 2020  a désormais ses études finalisées et devrait ouvrir en 2023 !

Pour les autres, elles ont été remises à plus tard !

Et sur les 65 millions d’euros  que vous deviez investir …

Au 31 décembre 2020, sur la totalité vous en aurez  engagé 34,7  sur ce mandat laissant à vos successeurs le soin de régler les dépenses restantes pour près de 30 millions d’euros ! Et ce jusqu’en 2024 !

Vitesse et précipitation pour effet d’annonces ne font pas bon ménage ! Encore une fois, nous vous avions prévenu que votre « Plan école » était un projet ambitieux, mais totalement irréaliste !

Il est urgent de ne plus préparer l’avenir de nos enfants à grand coup de slogans, cela vous a beaucoup desservit !

Tenir ces engagements en faisant preuve de modestie sur les capacités réalisables devient une priorité pour 2020 !

 

Intervention de Marie José SALAT

Je viens en complément des propos qui ont été tenus par Maud TAVEL adjointe au personnel.

Maud TAVEL a dit beaucoup de choses intéressantes sur la question  de la gestion des temps de travail et sur la gestion des personnels de la vie scolaire.

Je voudrais simplement rappeler que ce n’est pas un sujet récent. Dès 1995, nous nous sommes vraiment préoccupés de la situation des agents parce que nous avons trouvé une situation particulièrement compliquée et difficile et que donc nous avons travaillé sur les conditions matérielles de ces agents.

Cela été tout l’objet du CHSCT de ce premier mandat.

Je voudrais aussi rappeler que c’est un sujet qui n’a pas cessé d’être un sujet préoccupant et un sujet sur lequel nous avons travaillé constamment parce que c’est en effet un sujet qui ne souffre pas de rupture.

Vous pouvez sourire Madame COMPARAT mais la réalité c’est que si vous aviez pris un peu de temps pour voir ce qui avait été fait, ce qui s’était passé, vous auriez constaté que sur la question des agents d’entretien comme sur les ATSEM, il y a eu de multiples mesures qui ont été prises pour compléter les temps de travail de ces agents.

Vous avez toujours tendance à présenter les choses comme si 2014 avait été l’année zéro, comme si rien ne s’était passé précédemment et cela ça devient très pénible.  Et alors, nous on ne laisse pas passer et on vient rectifier, avec des moyens de communication beaucoup moins puissants que les vôtres mais nous sommes bien obligés de rétablir une certaine réalité, une certaine vérité.

La réalité, c’est que la question du temps de travail et des conditions de travail, des conditions d’emploi des agents d’entretien de la vie scolaire ainsi que des ATSEM ont fait l’objet de multitudes de mesures et de dispositifs.

Nous avions même signé deux « protocoles d’accord » dont un protocole d’accord en 2013 sur lequel vous vous êtes assis.

Nous avions consenti des moyens particuliers pour améliorer les conditions de travail. La question aujourd’hui c’est que en 2014 et en 2015 malheureusement vous n’avez pas donné suite à ce protocole d’accord et vous avez interrompu un processus et aujourd’hui vous revenez avec une délibération que nous allons voter.

Vous revenez avec une délibération qui augmente le temps de travail d’un certain nombre d’agents d’entretiens à la vie scolaire. On vous dit que c’est très bien ! Bravo, c’est parfait !

Mais c’est bien la première délibération qu’on voit de ce type alors qu’on aurait dû en voir plusieurs

Deuxième chose

Vous dites que la réforme de la fonction publique commence à nous inquiéter. Très bien, mais il me semble que nous avons pris une délibération il y a peu concernant les « départs transactionnels ».

Vous avez pris une délibération en 2015 qui prévoyait de licencier un certain nombre d’agents au bénéfice de quoi ceux ci pouvaient bénéficier d’une indemnité transactionnelle. Et deux ans après vous revenez dessus pour annuler cette délibération ! Mais vous faites ce que le Gouvernement souhaite faire, c’est-à-dire inciter à une mobilité sans limite !

Enfin, sur les questions de formation, j’entends ce que vous dites Madame TAVEL lorsque vous dites que vous faites un effort particulier sur la formation de tous ces agents.

Mais là encore, je suis désolé, le budget formation de la Ville de Grenoble figure historiquement parmi les budgets de formation les plus importants qui soient lorsqu’on examine les villes de même strate.

Alors, je dis simplement « très bien »  si vous poursuivez ces mesures mais je vous demande au moins de dire ce que les mandats précédents ont fait en matière d’éducation et en matière de vie scolaire.

Vous ne le dites pas et vous donnez le sentiment que rien n’a été fait précédemment et ça je trouve que c’est malhonnête intellectuellement !

Donc, nous nous devons au sein de notre groupe et même si nous ne sommes pas nombreux d’occuper l’espace nécessaire pour rappeler ce que nous avons fait.