Intervention de Marie José SALAT

Avant toute chose, avec les membres de mon groupe nous tenons à saluer la qualité du travail de la Direction Finances et les présentations faites en Commission Ressources.

Plus généralement, le vote d’un budget ou le temps d’un CA doivent être l’occasion de rappeler que les agents de la Ville de Grenoble constituent la force première et essentielle de l’exercice de l’action publique. Sans elles et sans eux, rien ne serait possible.

Je rappelle que les observations voire les critiques que nous ferons ne concernent évidement que les choix politiques et non le travail administratif réalisé par les agents.

Saluer également l’écoute et la qualité des échanges en commission ressources rendues possibles par l’attention des 2 co-présidents Hakim SABRI et Maud TAVEL que je remercie même si nous attendons toujours depuis 3 ans maintenant les documents sur le plan d’austérité appelé  plan de sauvegarde …mais nous comprenons aujourd’hui pourquoi nous ne les aurons jamais ! C’est regrettable !

Nous réitérons aujourd’hui notre demande. D’abord nous souhaitons que soient présentés dans les meilleurs délais le  « Bilan social » de cette collectivité et une présentation de « l’ état des non titulaires » à la Ville. Cela devrait être très facile puisque si vous avez poursuivi la tenue de la commission des non titulaires vous devriez avoir l’ensemble des éléments à nous présenter et, très franchement, je crois que vous ne pouvez plus maintenant repousser cette échéance. Donc nous demandons instamment cette présentation du Bilan Social ainsi qu’un bilan des non titulaires à la Ville.

Ce Compte Administratif  2018 arrive dans un concours de circonstances tout à fait particulier.

·       une interview du maire de Grenoble au Dauphiné Libéré qui, magnanime, offre 9 sièges à 9 communes de la Métropole. Lorsque l’on connait les coulisses de cette décision on en reste baba de stupéfaction … et qui au passage, s’imagine …. Que dis-je s’autoproclame, en toute modestie,  Président de la future Métropole,

·       une réponse cinglante de Maires de la Métropole outrés par tant de provocations et de certitudes,

Dans le même temps, une interview d’un conseiller municipal d’opposition ayant appartenu à votre majorité, qui dévoile des pratiques, des méthodes, un climat pour le moins inquiétants.

Si nous étions particulièrement inquiets avant cette ITW, nous le sommes davantage aujourd’hui.

Nous y reviendrons.

Votre présentation et cela ne surprend personne, tente de faire bonne figure au moment où les traits des uns et des autres commencent à se tendre.

Vous nous expliquez que tout va mieux et que vos efforts portent leurs fruits.

En réalité, les seuls efforts produits l’ont été par les agents de la Ville et par les Grenoblois qui subissent les conséquences désastreuses de vos choix et d’une baisse de régime des Services publics municipaux.

Bref une auto satisfaction qui cache une réalité plus complexe en réalité.

En ce qui nous concerne, nous aurons à cœur de relativiser ce chant de la victoire qui ne trompe personne et nous le définirons même comme « un CA en trompe-l’œil ».

 

I – TROMPE L’ŒIL SUR LA TRANSPARENCE

Au moment où le maire de Grenoble entre en campagne en faisant de grandes déclarations d’intentions, nous souhaitons rappeler, que notre groupe d’opposition a déjà perdu toute confiance en cette majorité sur sa volonté de transparence.

L’année 2018 fut l’année d’un rapport très mitigé de la Chambre Régionale des Comptes, qui évoque à plusieurs reprises le défaut d’informations aux conseillers municipaux.

L’interview  d’un conseiller municipal ayant appartenu à votre majorité à un journal local, et à laquelle j’ai fait référence en introduction, confirme ce que nous avons dénoncé depuis 5 ans :

–          L’absence de transparence de façon générale et autour du plan d’austérité en particulier, ce dernier n’ayant jamais donné lieu à un débat sérieux.

–          Nous avons demandé en commission ressources à plusieurs reprises et à plusieurs voix, des éléments d’analyse que nous n’avons jamais eus. Notamment parce que les nouveaux périmètres liés aux transferts de compétence à la Métropole n’ont jamais été véritablement pris en considération dans les présentations successives des budgets et des comptes administratifs.

Et nous avons demandé en commission à plusieurs reprises, à plusieurs voix, des éléments d’analyse beaucoup plus étayés que nous n’avons jamais eu.

Mais plus grave encore, nous découvrons avec cette interview, les coulisses de vos exploits.

·       Des décisions prises dans une ambiance de colonie de vacances

·       Des séminaires payés par le contribuable durant lesquels la majorité s’amuse !

Bravo … les Grenobloises et les Grenobloises apprécieront je pense.

Mais est-ce que tout cela est bien sérieux ?

D’ailleurs,  notre Groupe souhaite connaitre le coût de ces séminaires quand bien même il s’agirait du budget de votre groupe, parce que c’est de l’argent public et les Grenobloises et les Grenobloises ont le droit de savoir.

 

II – TROMPE L’ŒIL SUR L’ENDETTEMENT

Notre parole ici même de CA en CA ne vous a pas ébranlé une seule seconde … mais pouvez-vous entendre au moins les observations de la Chambre Régionale des Comptes ?

Cette dernière a clairement explicité les mécanismes qui font que l’endettement n’est pas réduit comme vous le clamez haut et fort, et ce, malgré une conjoncture très favorable pour les taux d’emprunt qui n’ont jamais été aussi bas et dont vous bénéficiez, et c’est très bien.

Enfin, la stratégie choisie de report de la dette sur les mandats à venir, crée une impression d’amélioration en trompe l’œil encore et toujours.

 

III – TROMPE L’ŒIL SUR LES RECETTES

Des cessions ont été réalisées dans un volume particulièrement inhabituel. On peut d’ailleurs regretter que celles-ci n’aient pas fait l’objet en temps voulu d’une alerte plus forte en commission ressources ou dans d’autres instances de votre part.

De cela non plus nous n’avons pas pu débattre … L’opposition comme les Grenoblois et les Grenobloises sont généralement mis devant le fait accompli.

Les Grenoblois apprécieront de savoir que le budget a été voté avec une prévision complètement farfelue alors que les discussions étaient en cours sur les dossiers de Minatec et GEG et n’ont jamais été intégrées de façon pleine et entière :

–          Les cessions prévues représentaient 1,1 Millions d’€

–          Les cessions réalisées  l’ont été pour  36,5 Millions d’€

Et bientôt la vente d’ACTIS ? 30 Millions d’euros

Certes cette hausse est en partie retraitée mais la politique de vente des actifs de la ville qui s’explique par l’évolution des compétences pour GEG et qui prend sa source dans une volonté de quitter Minatec pour la ville dans les conditions que l’on sait, contribuent à l’amélioration conjoncturelle des équilibres et à un discours qui se veut rassurant…

Mais vendre le patrimoine grenoblois a forcément un effet sur la situation financière de la Ville.

 

TROMPE l’ŒIL EGALEMENT CONCERNANT L’EPARGNE NETTE

Celle-ci est présentée en amélioration légère de 100 000 euros,

L’amélioration des recettes « fonctionnement » liées aux seules cessions exceptionnelles après retraitement est de 1,38M€ soit 280 000 euros de mieux par rapport au vote du BP… vous avez perdu 0,18M€ en route… tiens donc …. comme l’évolution des dépenses de publicité  pour l’anniversaire des JO…c’est une simple coïncidence probablement.

 

EN TROMPE L’ŒIL LA HAUSSE DES DEPENSES D’INVESTISSEMENT

Qui pose aussi question,

–          sur les 31, 53M€  de hausse affichée,

–          19,41M€ sont liés à des opérations financières entre la ville et la métropole,

–          24M€ sont liés à la vente à tempérament des actions de GEG à la métropole… la hausse réelle est donc modeste :

+11,4M€ dont 7, 95M€ pour les études et travaux…

 

 

Que sont devenus les +7,95 M€ ?

s’il n’avait pas fallu y inclure l’achat pour 8,3M€ de la ZAC de Vigny Musset…

Quel est le chiffre réel de l’évolution des investissements pour les travaux et études et pour l’investissement de façon générale puisque lorsque l’on calcul les + et les –   nous constatons une léger déficit en terme d’investissements  (7,95 – 8,3 soit un  -0,35M€)

La question mérite d’être posée…

 

IV –  DEPENSES DE GESTION COURANTES EN TROMPE L’ŒIL

Dans le même temps les dépenses de gestion courante et en particulier celles du personnel avec des recours aux renforts plus importants qu’auparavant … tient donc …  sont elles aussi à prendre en compte de façon contradictoire.

Répondre à la demande de présence du Service public sur le terrain est une très bonne chose, et ce qui était présenté comme de la mauvaise gestion sous le mandat précédent devient tout à coup en fin de mandat un besoin auquel il faut répondre.

A quelques mois des municipales… cela interroge.

 

V – Par ailleurs les frais de communication continuent de donner lieu à un discours lénifiant de sobriété et de contrôle pour apprendre finalement que l’opération de l’anniversaire des Jeux Olympiques a engendrer une dépenses supplémentaire de 200 000 € par rapport au budget prévu et qu’il faut intégrer cela au CA…

Il faut noter que depuis 2015 les dépenses de communication sont en hausse régulières et que cela ne correspond pas au discours sur la maitrise des couts sur ce poste

 

VI – Et dans le même temps, les subventions aux structures autres que le CCAS ont baissé de

-2M€ de CA 2017 à CA 2018.

 

VII – Et dans le même temps, les subventions du CCAS ont baissé également.

Elles étaient d’un peu moins de 20 Millions d’euros en 2017, 19 millions en 2018 quand on sait qu’en 2014 les subventions au CCAS étaient de plus de 25 millions d’euros !

C’est un choix que vous faites. Et de perte de subventions en perte de subventions, c’est toutes l’action sociale de la Ville de Grenoble qui est aujourd’hui touchée.

En conclusion, l’interview  de Mr TUSCHER au Postillon dépeint et confirme parfaitement le climat que nous dénonçons depuis 5 ans maintenant :

–          manque de transparence,

–          mépris de votre propre majorité,

–          mépris des oppositions et des Grenoblois,

–          une forme d’insoutenable légèreté avec laquelle vous gérez cette ville, sans cap et sans vision avec une seule obsession en faire une ville cobaye à vos thèses de « sobriété heureuse » et peu importe le prix à payer !!!

Dénoncé par la Chambre Régionale des Comptes elle-même, pour le défaut d’information et l’ambiance dans laquelle le plan de sauvegarde a été imposé aux Grenoblois sans débat même interne.

Enfin, vous ne semblez pas tenir compte des observations de la CRC qui a alerté le conseil municipal sur la stratégie choisie de report de la dette sur le mandat à venir, qui créé une impression d’amélioration en trompe l’œil encore et toujours.