Intervention d’anouche AGOBIAN

En premier lieu, je souhaite remercier les agents de la ville qui se sont mobilisés depuis presque un an et demi afin que cet appel à projet puisse être mené à bien. Au-delà des différentes expertises et classifications, ces agents ont réussi à élaborer des journées de jury rassemblant des personnes d’horizons, de sensibilités politiques, de métiers très différents et cela dans une atmosphère respectueuse. Je sais que les supports fournis, la présence et la pédagogie dans l’organisation y sont pour beaucoup. En cela, je les en remercie.

Après avoir pris un temps de réflexion et d’analyse sur ce second jury, je souhaiterais faire part de quelques interrogations.

En premier lieu la corrélation entre le choix de certains bâtiments et les objectifs communs imposés par la municipalité, objectifs que je rappelle :

–           Concilier innovation et valorisation patrimoniale

–           Répondre à de nouveau usages, de nouveaux services

–           Faire émerger des modes de gestion autonomes

–           Favoriser respect de l’environnement et économie des ressources

Ceux-ci ont considérablement restreint les équipes pouvant supporter les couts élevés de rénovation.

On a nettement pu noter que les associations ne sont pas calibrées pour candidater sur des projets qui nécessitent une rénovation importante du bâti.

Il me semble donc que le choix de certains bâtiments n’était pas  judicieux pour cet appel à projet. Cela est vrai surtout pour le Couvent des minimes et pour le Musée de peinture, voir également pour la villa Clément car si Grenoble habitat n’était pas dans le groupement retenu, aucun projet n’aurait pu accéder en phase 3.

Par ailleurs, nous vous avions fait remarqué que la forme de mise en concurrence en type « appel à projet » avec l’absence de cahier des charges très précis pour chacun des bâtiments rendait quasi impossible un jugement qui ne soit pas subjectif.

Or, toutes les analyses répertoriées dans les documents de synthèses mise à part les aspects financiers étaient de l’ordre du subjectif. Le classement tant au premier jury qu’au deuxième aurait été tout autre s’il y avait eu une réelle analyse correspondant à un cahier des charges imposé comme il se doit juridiquement dans tout type de mise en concurrence.

Et paradoxalement, à la lecture des délibérations proposées ce soir, on a l’impression de lire un référé de justice tant les termes sont complexes et issu d’un vocabulaire juridique réservé au sérail.

A la lecture de ces délibérations, on s’aperçoit qu’en fait, vous écrivez le règlement de la phase 3. Nous aurions dû connaitre les termes de cette phase 3 avant nos décisions en jury ! Il est certain que beaucoup d’entre nous auraient appréhendés différemment leurs votes !

Cela donne l’impression que vous avez voulu border juridiquement ces textes et ainsi vous rassurer quant aux fondements peu clairs du dispositif.

Sur la phase 3

C’est avec beaucoup de regrets et d’incompréhension que nous avons appris notre non participation à la troisième phase qui est aussi importante que les deux  premières.

Pourquoi sommes-nous exclus ainsi du dispositif ?

Est-il possible de créer un comité de pilotage où nous puissions participer à la rédaction du protocole partenarial visant à établir les conditions de déroulement de la troisième phase ?

Et dans la continuité, toujours dans ce même comité de pilotage, nous pourrions siéger et donner notre avis sur les parties juridiques, de programmation, des conditions architecturales et financières requises et aboutir à l’élaboration des actes juridiques envisagés.

Ce comité de pilotage serait le garant de la continuité de la transparence, de l’équité des négociations et de la pérennité de la co construction de ce dispositif notamment au regard de certains points énoncés dans les délibérations proposées ce soir !

Pour aller en ce sens, nous proposons un amendement commun avec le groupe les Républicains UDI société civile, représenté au jury de Gren’de projets par Mme CADOUX afin d’ajouter dans le gras des quatre délibérations un paragraphe :

–           De créer un comité de pilotage composé des élus ayant participé au comité de sélection des phases 1 et 2 afin d’accompagner le suivi des négociations en vue de la rédaction du protocole partenarial et de l’acte de location ou de vente

Pour terminer, nous souhaiterions aborder plus particulièrement le projet du Couvent des Minimes. Pour notre groupe, il est plus que souhaitable de retirer temporairement cette délibération au regard de la complexité qu’a engendré pour les équipes la présence sur les lieux du Foyer étudiants.

Ce risque, nous l’avions pointé ici même en Conseil municipal.

Nous vous avions alerté dès la première délibération de lancement de Gren’de projets en  2017 sur la nécessité :

–           d’établir un cahier des charges précisant les attendus et les critères imposés et nous voyons bien aujourd’hui que l’absence de ce cahier des charges fait défaut

–           d’intégrer dans ce cahier des charges les attendus incontournables du Foyer étudiant dans le projet Couvent des minimes.

Personnellement, j’assume totalement le fait de m’être abstenue sur ces 3 projets durant le deuxième jury au regard de ce que je viens d’énoncer plus haut.

Preuve en est, le courrier reçu le 13 décembre 2018 qui dénonce ce manque de précision et qui met en exergue l’incapacité des porteurs de projet de répondre en l’état dans les délais impartis.

Je vous remercie pour votre attention et espère que nos demandes seront entendues.