Intervention de Marie José SALAT

En premier lieu, je veux réitérer mes remerciements aux Directions et Services qui ont consenti un travail conséquent à l’élaboration de ce budget 2019 et saluer la qualité de leur travail.

Par la même occasion, je veux aussi, au nom de mon groupe, saluer le travail de qualité et l’engagement du personnel municipal qui œuvre chaque jour en faveur du Service Public Municipal au service des Grenobloises et Grenoblois. Nous ne le faisons jamais assez mais il faut rappeler que rien ne serait possible sans lui.

Enfin, je tiens à remercier l’Adjoint aux Finances et l’Adjointe au Personnel qui co-président la Commission Ressources et permettent un échange plutôt constructif en restant à l’écoute des oppositions.

Nous voici à la présentation du BP 2019.

Nous avons ici même le mois dernier débattu des Orientation budgétaires et à cette occasion j’ai pu au nom de mon groupe expliciter notre analyse et notre point de vue sur ces grands équilibres, nous ne reviendrons pas sur le détail de cette intervention pour ne pas alourdir les débats. Nous tenons pour celles et ceux que cela intéresserait, cette intervention à disposition.

Ce soir je m’attarderai sur l’essentiel selon nous.

Le Budget Primitif n’est pas seulement un acte administratif, comptable et budgétaire,

Ce ne sont pas seulement des + et des -.

Ce n’est pas seulement un catalogue couvrant l’ensemble du champ de nos compétences

Bien sûr nous avons la responsabilité de tenir « la Maison » et les Comptes et nous savons combien cet exercice est compliqué.

Mais, comme tout budget, il est aussi  « une traduction » et pour utiliser un terme qui revient à la mode « un manifeste » de ce que sont les choix et priorités politiques d’un exécutif.

Et, il n’a de sens que s’il s’adosse à ce pourquoi nous sommes élus : répondre  aux attentes et aux besoins de nos concitoyennes et concitoyens.

Le contexte national nous rappelle à l’ordre : nous devons l’admettre, les questions sociales et les questions de justice sociale sont insuffisamment prises en compte dans les choix que nous faisons.

Et, c’est là une responsabilité partagée.

Or, il ne saurait y avoir de progrès économiques, technologiques, écologiques ….. sans que la question de la justice sociale ne soit au centre de nos priorités politiques… du plus haut niveau de l’Etat jusqu’aux communes.

Lutter contre les inégalités, lutter contre les différentes formes de pauvreté est une impérieuse nécessité : comment se satisfaire de grandes avancées si à nos côtés des familles, des enfants, nos ainés vivent dans la précarité extrême.

Nos politiques, aussi ambitieuses soient-elles, n’auraient aucun sens.

Pour le Budget 2019, notre groupe défend « une certaine idée » de l’action municipale

Dans le contexte que j’évoquais à l’instant,  nous devons défendre « une certaine idée » de l’Action Municipale, celle qui garantit une qualité de vie en ville,  le bien vivre ensemble et l’accès de toutes et tous à une vie décente.

Elle doit contribuer à concilier et non pas opposer les intérêts des uns aux autres. Rétablir un climat d’écoute et de confiance.

Dans cet esprit, un budget n’est pas seulement un document financier. Il est aussi un acte d’engagements politiques qui ouvre les perspectives. Je sais que beaucoup d’entre vous partagent ce point de vue :

Un budget vertueux est celui qui n’abandonne pas une partie de la population à ses difficultés.

Un budget vertueux est celui qui porte l’humain, la solidarité, le bien vivre ensemble, la transition écologique au cœur des priorités avec en ligne de mire le développement économique et l’emploi porté par d’autres collectivités territoriales mais la Ville doit aussi porter ces politiques support.

La situation financière reste délicate au-delà de la présentation « optimiste » qui vient d’être faite.

Si les équilibres s’améliorent légèrement … c’est pour d’autres raisons :

  • Les nombreux transferts de compétences, d’agents et d’équipements à la Métropole,
  • Un niveau d’investissement en baisse depuis le début du mandat, choix discutable et aujourd’hui lissé au-delà de 2020 (Plan école)
  • Une dette qui a été restructurée pour repousser son remboursement après 2020, choix également discutable
  • la vente du patrimoine économique, je pense à GEG ou à Minatec.

Si la situation s’améliore, cela devrait nous porter à donner du souffle et du sens à l’action municipale : embellir la ville, œuvrer à la tranquillité publique, animer et accompagner le vivre ensemble, aider les plus fragiles, soutenir la vie économique et l’emploi, faciliter la vie des Grenobloises et Grenoblois.

Ouvrir une fenêtre sur l’avenir de notre Ville c’est favoriser à nouveau la cohésion sociale autour de valeurs communes. C’est agir pour son attractivité et sa qualité de vie.

Il nous faut pour cela, renforcer le Service Public Municipal pour agir au quotidien : propreté urbaine, espaces verts, sécurité, sport, culture…

Revenir sur les baisses drastiques des subventions aux associations (23,5 millions en 2016 / 17,8 en 2019). Or les associations contribuent à créer du lien  du sens, de la solidarité.

Enfin et surtout, en lien à mes propos préliminaires, Il nous faut aussi revenir sur la baisse du budget du CCAS (25,4 Millions en 2016 / 18,9 millions en 2019), ce budget concernant l’action en faveur des Personnes Âgées notamment est déterminant.

Ceci n’est pas acceptable. Une nouvelle fois sous votre mandature les moyens mobilisés pour l’action sociale ont baissé.

Nous le rappelons souvent : le CCAS de Grenoble a toujours figuré parmi les CCAS les plus engagés de France. Nous devons renouer avec cet ADN grenoblois.

Le CCAS a joué un rôle essentiel non seulement en matière de petite enfance, non seulement en matière de solidarité envers les plus fragiles d’entre nous mais aussi et surtout envers nos aînés. Le défi démographique nous oblige à être particulièrement offensifs sur cette question et je crains malheureusement que face à ce défi,  la baisse drastique qui grève le budget du CCAS,  ne nous condamne à une certaine impuissance dans la lutte contre les inégalités et les pauvretés.

C’est pour nous un RDV manqué qui pèsera lourd dans la cohésion et résilience de notre ville.

Entre la rigueur pour la rigueur et creuser la dette, il y a de notre point de vue un juste compromis à trouver pour porter des politiques durables : à la fois de justice sociale, de transitions écologiques et de développement économique responsable.

Mais il n’est pas trop tard pour reconstituer ces moyens perdus.