Intervention d’Anouche AGOBIAN

La santé et la qualité de l’air doivent être les priorités constantes de l’action communale.

Cela impose notamment une réduction de la pollution dans chaque quartier de Grenoble et de la métropole ce qui nécessite des mesures environnementales pour assurer un suivi permanent de la situation.

La délibération proposée ce soir concerne une convention avec ATMO Auvergne Rhône-Alpes pour l’installation de capteurs de mesure de la qualité de l’air au Cimetière du Grand Sablon.

Cette localisation a certainement un intérêt mais d’autres lieux davantage soumis aux impacts de la circulation et du dispositif Cœur de Ville Cœur de Métropole (CVCM) sur la qualité de l’air auraient certainement été plus conformes pour relayer efficacement et objectivement les mesures prises.

Je le rappelle notre Groupe a toujours pleinement adhéré aux objectifs du projet CVCM Grenoble qui se plaçait dans la continuité du Projet Cœur de ville /Cœur d’agglo engagé dès 2005 à savoir : réduire la pollution, étendre le centre-ville, faciliter l’accès au centre et le rendre plus attractif et dynamiser le commerce.

Or, le CVCM engagé dans la précipitation au tout début de votre mandat, sans études d’impacts et sans concertation produit aujourd’hui des résultats alarmants concernant la qualité de l’air qui ont été mis en évidence par « Grenoble à cœur ».

Vous en avez parfaitement conscience puisque dans le dernier rapport consacré à la situation en matière de développement durable de la ville de Grenoble pas une ligne n’était consacrée au dispositif ou au bilan cœur de ville cœur de Métropole. Rien !

Et pourtant ce dispositif était présenté à l’origine comme étant LE dispositif permettant de lutter pour la qualité de l’air respiré par les grenoblois et l’ensemble des métropolitains.

Aujourd’hui, la conséquence dans le déploiement précipité du dispositif, montre que les indicateurs sont tous à l’orange voire au rouge : hausse de la pollution, congestion du trafic, baisse de l’activité commerciale, évitement sinon abandon du cœur de ville.

Il aurait évidemment été logique avant d’engager la mise en place du nouveau plan de circulation d’en construire avant les solutions alternatives en terme d’infrastructures (le Rondeau, l’A 480, Autoroutes à vélos) et surtout d’accroître fortement l’offre de transport en commun en accentuant les politiques volontaristes pour les Transports en Commun mise en place depuis de nombreuses années.

Vous en avez décidé autrement dans une seule logique d’empressement à mettre en œuvre vos objectifs électoraux et les conséquences réelles vous donnent bien peu raison….

Il nous faut donc aujourd’hui veiller à maintenir une attention réelle et objective sur les impacts potentiels de CVCM sur la pollution atmosphérique et à ses conséquences sur la santé publique.

Pour cela, il devient urgent d’implanter des capteurs sur d’autres lieux permettant de mesurer la qualité de l’air en toute impartialité !

Les axes de grands passages situés à proximité des écoles sont évidemment prioritaires

Si nous pouvons nous féliciter que la convention passée avec l’AREA dans le cadre du réaménagement de l’A480 intègre une dimension qualité de l’air pour les enfants de groupe scolaire Joseph Vallier.

A l’inverse nous ne pouvons que regretter cette « indifférence » concernant les écoles, collège et lycée impactés par le plan de circulation CVCM et l’augmentation de la pollution générée par les embouteillages notamment au centre-ville et depuis le nouveau plan de circulation vers les quartiers sud de Grenoble.

La priorité donnée à la santé des enfants et à la qualité de l’air qu’ils respirent doit être la même dans toutes les écoles de Grenoble et l’installation de capteurs à proximité doit être une priorité.

Et là, je ne parle pas de tous ces jeunes et ces étudiants occupant les terrasses du boulevard Gambetta qui, été comme hiver, respirent l’air le plus pollué de Grenoble … et pas besoin des relevés d’ATMO pour s’en rendre compte !

Les nouveaux axes de circulations

La station ne donne une mesure valable de la pollution du trafic que si elle est proche du lieu d’émission.

Des capteurs doivent donc être installés dans les rues les plus soumises aux congestions de trafic accrues depuis CVCM d’après l’Obs’CVCM

Il en faudrait aussi une dans les quartiers sud plus touchés par les effets de la pollution sur la santé.

Voici les lieux qu’il est urgent d’équiper en capteur:

– bd Gambetta, à l’un des croisements avec Félix Viallet, Berriat ou Lesdiguières

– bd entre Places Pasteur et Gustave Rivet

– cours Jean Jaurès, au croisement avec la rue Condorcet

– rue de Turenne

– rue Lesdiguières,

– quai Jay ou quai Perrière

 

Aujourd’hui une seule station, celle du bd Foch est une station dite « Urbaine/Trafic » suivant la terminologie d’Atmo.

Ce qui signifie que les impacts de la circulation ne sont relevés qu’à cet endroit pour toute la ville de Grenoble.

Les 2 autres stations sont des stations dites « Urbaine/Fond » ce qui signifie que les relevés sont faits dans des lieux a très faible circulation et ne reflète qu’un niveau de pollution dilué.

Si on ajoute une nouvelle station « urbaine /fond » au cimetière celle-ci ne fera que donner des valeurs sensiblement proches des 2 autres stations « urbaine / fond »

A quoi cela sert-il ? Si ce n’est que d’annoncer de bons chiffres alors que la situation est totalement différente !

Plutôt que d’ajouter une nouvelle station au cimetière aux deux existantes où la norme est respectée, nous recommandons d’ajouter plusieurs autres stations « Urbaine/Trafic » afin d’annoncer des chiffres en cohérence avec la réalité et surtout en cohérence avec l’air réellement respiré à Grenoble !

Ne pas le faire reviendrait à orienter les données recueillis en donnant une image non conforme à la réalité de la qualité de l’air à Grenoble.

Il est donc urgent d’agir pour que les Grenoblois est une lecture réelle de l’air qu’ils respirent et ainsi avoir une réflexion globale, chiffrée et cohérente sur les choix du repositionnement éventuel de certains grands axes structurants de notre ville.

Ce n’est plus de la politique, c’est de la santé publique ! Il est encore temps d’agir !