Intervention de Sarah BOUKAALA

Monsieur le Maire, Chers collègues,

Demain ou du moins dans quelques heures, ce sera « la journée de européenne de l’égalité salariale » actant ainsi le fait qu’à partir du 5 novembre les femmes travailleront « gratuitement » jusqu’à la fin de l’année eu égard aux écarts de salaire persistants et existant chez tous les employeurs. La France, à ce sujet, ne fait pas partie des bons élèves puisque nous sommes toujours en équivalent temps plein à un écart de 17%. Bien-sûr et heureusement les choses progressent, je crois que l’an dernier, nous étions à 17,2%.

Ceci étant dit, au mois de novembre, nous avons l’occasion de discuter en Conseil Municipal de Grenoble depuis maintenant 4 ans, du rapport annuel sur l’égalité femmes-hommes.

Même si les changements, dans ce domaine de l’égalité femmes-hommes, prennent beaucoup de temps, 4 ans, c’est un temps qui permet de voir si la politique mise en place, si le plan d’action a eu un impact quelconque et d’esquisser un bilan des différents projets menés.

Il y a deux grandes parties dans ce rapport, ce que la ville peut produire en tant qu’actrice publique, ce qu’elle soutient et ce qu’elle est en tant qu’employeur.

Deux grands axes sur lequel notre regard sera différent.

1.         Sur la ville en tant qu’actrice publique :

Nous retiendrons plusieurs éléments particulièrement intéressants menés depuis plusieurs années:

Le travail fait sur la visibilité des femmes dans l’espace public que ce soit par la féminisation des noms de rue et des équipements publics.

Le travail mené sur la place des femmes dans l’espace public la nuit mais aussi la place des femmes dans les réunions de concertation des projets où il est évoqué d’ailleurs une présence des femmes moins importante que celles des hommes (mais pas uniquement ! et c’est là que c’est particulièrement intéressant : peu de femmes y participent mais c’est aussi le cas des parents de jeunes enfants, des CSP modestes…) C’est-à-dire que s’interroger sur la place des femmes dans l’espace public, c’est aussi s’interroger sur la place d’autres personnes, d’autres catégories de population que l’on entend peu ou moins souvent.

Au sujet de la lutte contre les stéréotypes dès le plus jeune âge, on notera avec un intérêt l’ensemble du travail engagé et en particulier celui sur l’utilisation des cours d’écoles et l’aménagement d’une cour non genrée. Pour autant sur les outils et actions à mener sur le temps périscolaire, beaucoup de travail reste à faire.

On pourra aussi évoquer le développement de la pratique sportive des femmes et des jeunes filles et l’incitation des femmes à participer à la vie citoyenne. A ce sujet, je souhaitais évoquer deux éléments : d’une part le réseau initié de collectifs de femmes qui sont nés ces derniers temps dans différents quartiers et le travail auprès du tissu associatif grenoblois sur le plancher de verre qui existe aussi, malheureusement, dans les instances associatives.

L’ensemble de ces actions même si toutes ne sont pas de la même importance est engagé, certaines ont été revues, d’autres ont été abandonnées car au final peu opportunes, d’autres actions ont émergées et le travail du comité de pilotage permet ce suivi.

Vous l’aurez compris dans ce premier axe, notre regard est positif voire très positifs.

 

2.         Sur la ville en tant qu’employeur

Là nous sommes un peu plus critiques.

Alors, certes l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est une question que n’est pas le souci que de la ville de Grenoble, ni-même que de la fonction publiques territoriale ou non, mais c’est bien le monde du travail dans son ensemble qui est concerné.

Et par ailleurs, c’est un travail de longue haleine pour réussir à agir sur la structure, sur la mixité des métiers, des filières, des statuts. Et ce sera la seule manière de réussir à agir sur les temps partiels qui restent trop l’apanage des femmes (2,2% des hommes sont à temps partiel à la VDG, 17, 2% des femmes le sont), sur les rémunérations (il existe encore 4,3% d’écart salarial à la VDG) ou sur la prise des congés parentaux, pour s’occuper d’un proche malade ou pour suivre un conjoint.

Et du coup, sur les chiffres, les choses ont peu évoluées en 4 ans. Mais, je le disais tout à l’heure, ceci peut s’expliquer.

Pour autant, là où la VDG peut agir directement et plus rapidement, et là où je trouve que c’est un peu faible.  C’est sur la formation de ses agents, sur la sensibilisation des agents : beaucoup de choses sont en pause : la communication sur l’offre de formation, la sensibilisation des agents recruteurs, la formation « tremplin pour les femmes ». C’est dommage et nous en attendions plus.

 

Un mot aussi sur le soutien de la VDG aux associations œuvrant dans ce domaine, bien entendu le MFPF mais aussi des associations plus récentes qui font un travail remarquable comme les BBB.

Un mot enfin sur la démarche complémentaire qui est citée autour des actions menées en faveur des femmes victimes de violence, des droits des LGBTI… En effet, là on nous retrouvons pleinement, c’est bien dans l’idée que l’égalité femmes-hommes, c’est aussi l’égalité des genres et des sexualités.

Je vous remercie