Intervention de Marie José SALAT

Monsieur le Maire, Chers collègues,

Ce ROB (Rapport d’Orientation Budgétaire) intervient à l’aube d’élections municipales. Il a donc une valeur particulière.

Comme vous le précisez bien, la fonction d’un ROB est de proposer au débat public et en Conseil Municipal, les grandes orientations de la politique financière qui sera suivie et surtout les priorités politiques de la municipalité.

Politique financière certes mais avant toute chose un ROB est une feuille de route, une traduction de la philosophie de l’action publique qui est celle des élus à l’échelle de notre commune, elle dit nos choix et priorités politiques et les moyens que nous souhaitons y consacrer pour agir au quotidien et préparer l’avenir.

En quelques sorte nos partis pris.

Les contraintes budgétaires fortes qui pèsent sur les finances publiques et qui sont les nôtres au niveau des communes depuis plusieurs années, les incertitudes liées à la suppression de la Taxe d’Habitation (TH), nous obligent plus drastiquement encore à sacraliser des choix. Je ne l’oublie pas.

C’est donc une étape importante, car si les directions sont tracées, nous espérons qu’il y a encore une place pour le débat et pour certaines inflexions.

Cela ne surprend personne, vous accordez une place importantes aux questions environnementales … elles sont partout dans les moindres actions engagées ou prévues.

Personne aujourd’hui ne vous en fera le reproche, si tant est que nous puissions bien mesurer l’impact de vos choix sur l’amélioration de la qualité de vie et de l’air des Grenobloises et des Grenoblois.

C’est un sujet en soi, qui nécessiterait de longs développements et notamment nous devrions aujourd’hui prendre le temps d’analyser précisément et contradictoirement les véritables impacts de Cœur de Ville Cœur de Métropole (CVCM).

Mais c’est un processus de longue haleine, nous en convenons.

Il faut reconnaitre la difficulté d’engager cette transition écologique, sociale, culturelle  (passer d’une société consumériste à  une société plus vertueuse et responsable), que nous responsables politiques devons impulser et accompagner à différentes échelles… quelques fois dans la douleur et l’incompréhension. Les injonctions ne passent pas, entendons le. Pédagogie et explication sont de mise.

Pas de recette toute faite et consensuelle, pour un sujet somme toute assez nouveau pour nos sociétés qui ont appris depuis plusieurs siècles à produire, consommer, jeter sans compter et en créant par la même, de lourdes inégalités géographiques et sociales.

Enfin, il ne saurait y avoir en effet de politiques environnementales ambitieuses sans justice sociale …

C’est le casse-tête du Gouvernement et on l’a vu avec la crise sociale de ces derniers mois.

Mais c’est aussi à une moindre échelle, le défi de toute collectivité et plus près de nous de la Ville comme de la Métropole.

A lire le ROB, vous semblez acquis à la cause selon laquelle les politiques ambitieuses autour des défis climatiques sont nécessairement associées aux enjeux de justice sociale et de démocratie…. Nous ne pouvons qu’être d’accord.

Or, nous pouvons regretter une certaine frilosité sur un certain nombre de questions justement qui touchent au vivre ensemble, à la solidarité ou au cadre de vie.

Vos choix et orientations figurent dans un catalogue d’actions nécessaires mais trop diffuses.

Nous ne retrouvons pas l’articulation entre ce ROB et les différents schémas ou plan d’actions que vous présentez ici même en Conseil municipal. Je pense pour ce soir notamment à l’articulation entre :

·       Le ROB et le plan d’action contre l’isolement des personnes âgées

·       Le ROB et le rapport développement durable

De même, je ne retrouve pas l’affirmation attendue sur des questions relatives :

·       à l’attractivité du territoire. La ville-centre au sein de la Métropole joue un rôle majeur. Plusieurs propositions pourraient être faites et notamment pour orchestrer une transition en faveur d’une attractivité durable, gagnante à la fois pour le tissu économique comme pour les collectivités territoriales et surtout pour nos concitoyens et concitoyennes. Nous pouvons être force de proposition de ce point de vue.

 

·       Aux  questions sociales : Je  suis socialiste en tant que telle je reste très attentive aux questions de justice sociale, de solidarité intergénérationnelle, d’accueil de populations en détresse, d’émancipation, d’égalité Femme/Homme, de reconnaissance dans le droit comme dans les faits de l’homosexualité et de l‘homoparentalité … Toutes ces questions  qui restent pour moi comme pour notre Groupe indissociables du progrès et du progrès social.

Tous ces questions nous les avons en grande partie abordée tout à l’heure

Enfin ce Rob doit affirmer avec plus de force la place du service public municipal. De ce point de vue je ne partage pas mais ce n’est pas nouveau les points de vue de Mathieu CHAMUSSY

la place du service municipal et son devenir. C’est une question essentielle à l’heure où la convergence de plusieurs réformes gouvernementales produiront malheureusement plus d’exclusion et plus de pauvreté. La réforme de l’assurance-chômage notamment sera de ce point de vue très compliquée à gérer.

Et par conséquent le service public en général, et le service municipal en particulier doivent prendre toute leur place pour lutter contre ces dérives.

Mais je reste pour autant sur ma faim à propos d’un sujet qui me tient à cœur : celui de la solidarité intergénérationnelle.

J’avais dit au dernier Conseil que face à l’enjeu démographique avec une espérance de vie qui se rallonge d’année en année et dont on peut que s’en réjouir, et qui concerne de plus en plus d’individus, cela nous oblige à déployer des politiques publiques fortes, lisibles, efficaces, innovantes dans la pure tradition grenobloise.  Retrouver cette capacité d’innovation propre au travail mené depuis longue date ….

Je ne retrouve que très peu de choses sur les questions abordées dans le cadre d’autres schémas dont nous sommes pourtant compétents et responsables.

·       Sur le cadre de vie : là aussi peu de choses sur ce qu’attendent les Grenobloises et les Grenoblois sur les questions d’entretien et de propreté des espaces publics en lien avec la Métro. Il y a un vrai progrès à faire de ce point de vue-là. Bref,  toutes ces questions quotidiennes qui créent beaucoup d’agacements du point de vue de la vie en ville.

 

·       Sur la Tranquillité publique et la sécurité : là aussi beaucoup d’attentes. Sans tomber dans la démagogie pure (y a qu’a/faut qu’on) nous attendons plus d’affirmations sur ces politiques qui ne laisseraient aucune place au doute …

Nous débattons des orientations d’un budget de transition entre deux mandats.

 

De notre point de vue il n’y a que 3 questions qui vaillent :

1)     Est que ce ROB traduit budgétairement les choix et orientations au regard des priorités politiques qui doivent être poursuivies dans l’intérêt de Grenoble, des Grenobloises et des Grenoblois ?

·       La transition écologique

·       Les enjeux sociétaux

·       Les enjeux sociaux

·       Le Vivre ensemble

·       Le bien être des Grenoblois et des Grenobloises

·       L’attractivité du territoire

·       Le rôle de la ville centre au sein de l’agglomération et de notre Métropole

 

2)     Ces orientations œuvrent-elles délibérément en faveur d’une plus grande justice sociale et de la solidarité, en faveur des plus fragiles et des plus démunis ?

3)     Est-ce que dans ce cadre ces orientations sont économiquement et financièrement efficaces ?

 

Du sens, de la justice sociale, de l’efficacité,  une équation sans doute très difficile mais c’est sans doute aussi celle qui doit constituer le fil d’Ariane tenue entre nos mains et que nous ne devons en aucun cas laisser échapper.