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Lettre ouverte à Eric PIOLLE : Après l’incendie des Casemates – Les grenoblois attendent des mesures pragmatiques

Dans la nuit du 20 au 21 Novembre 2017, le bâtiment des casemates du quai saint Laurent qui abrite le CCSTI a été victime d’un incendie qui selon toute vraisemblance est un acte volontaire.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté cet acte qui touche une belle institution de notre ville, et le symbole de la culture scientifique et de l’innovation à la portée du plus grand nombre. C’est aussi un élément de patrimoine, auquel les Grenoblois sont légitimement attachés, qui a subi de fortes dégradations.

La culture est donc doublement touchée par ce dramatique incendie, et nous tenons à marquer notre pleine et entière solidarité avec l’équipe du CCSTI durement affectée par cet acte de vandalisme inadmissible.

Notre agglomération est malheureusement l’objet depuis quelques mois de dégradations graves, qui touchent des symboles de notre ville et des entreprises ou des institutions qui y travaillent. Fort heureusement aucune victime n’est à déplorer, mais l’irresponsabilité des incendiaires est inquiétante. Elle finit par créer un climat lourd et malsain.

Nous savons que votre équipe municipale refuse de déployer l’outil de la vidéo protection sur l’espace public, ce débat a été selon vous définitivement tranché et vous ne souhaitez pas y revenir. Il est donc inutile de vouloir le rouvrir, faute de volonté manifeste d’avoir en la matière une approche pragmatique de la question. En revanche, la protection du patrimoine communal qui est le bien de tous les Grenoblois nous semble être de nature à permettre une approche dépassionnée de ce dossier.

En effet le cout matériel des réparations liées aux dégradations de bâtiments mérite d’être mis en relation avec l’investissement nécessaire qui permettrait de renforcer la sécurisation des lieux, en particulier pour les risques d’intrusion et d’actes de malveillance que tous les grenoblois finissent par payer.

Vous refusez depuis plusieurs mois qu’un débat clair ait lieu au sein du conseil municipal sur ces questions, ce qui nous oblige à vous écrire publiquement encore une fois afin de vous demander qu’une présentation exhaustive et claire des moyens que vous comptez mobiliser pour préserver le patrimoine de notre ville et garantir la protection de ses usagers soit enfin disponible au plus grand nombre.

Connaissant maintenant votre capacité à rejeter la responsabilité de ce qui vous incombe sur d’autres, et sur les partenaires qui sont naturellement ceux de la ville, nous espérons qu’encore une fois, vous ne répondrez pas sur la légitimité de la demande, sur la réalité de la situation telle que vous la vivez, mais bien sur le fond du dossier : comment la ville protège le plus efficacement possible son patrimoine.

Les grenoblois.e.s n’attendent rien d’autre que des mesures pragmatiques, ils/elles savent pertinemment qu’aucun dispositif ne peut garantir à 100% la suppression des actes de malveillance et l’insécurité qui en découle. Il faut en revanche dire ce qui est envisageable et pour quels résultats attendus. La ville doit jouer pleinement son rôle en assumant et la limite de ses compétences, et sa capacité d’influence vis-à-vis de tous les partenaires d’un dossier aussi complexe que celui de la sécurité.

Faire peur ne sert à rien, refuser d’affronter la réalité engendre et la peur, et un sentiment d’abandon qui deviennent insupportable. Lors du dernier conseil municipal, vous avez personnellement évoqué votre attention sur ces questions, et dit à juste titre que le calendrier des actions ne permettait pas de tout résoudre instantanément. Personne vous le demande. La baisse des effectifs de police dans les années 2005-2012 a mis notre ville dans une réelle difficulté, mais au-delà du constat, il faut savoir ce que nous pouvons engager pour améliorer la situation. L’histoire de Grenoble n’a jamais été un « long fleuve tranquille » en matière de sécurité et de tranquillité.

Nous devons toutefois accepter d’affronter tous ensemble l’accélération et l’aggravation des faits ressentis et vécus par nos concitoyen.ne.s et leur montrer que les élu.e.s de la ville sont pleinement mobilisé.e.s pour agir pour  tout faire afin que notre ville retrouve la sérénité dont elle a besoin.

C’est avant tout la responsabilité de votre équipe, et en ce qui nous concerne, nous ne souhaitons pas entrer dans un débat de postures que nous avons trop connu lorsque nous avons mis en place lors du précédent mandat un plan d’action consécutif aux évènements de l’été 2010. Nous avons perdu trop de temps et il faut que chacun se mobilise. Nous attendons Monsieur le Maire de vous lire sur les mesures d’urgence que vous comptez prendre, le vote prochain du budget peut vous permettre de donner les premières réponses qui s’imposent.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à cette nouvelle interpellation de notre part, nous vous prions de croire, monsieur le maire, en l’assurance de notre considération

Nous vous prions de croire, monsieur le Maire, en l’assurance de notre considération.

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