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Conseil municipal du 14 mai 2018 – Charte et protocole de relogement Galerie de l’Arlequin

Intervention de Jérôme SAFAR

D’abord, nous sommes heureux de voir que l’adjointe à la politique de la ville nous a rejoint puisqu’elle a tout de même manquée l’intervention du DAL et elle n’a pas pu présenter la dernière délibération, mais elle pourra peut-être répondre à certaines questions.

Sur la première délibération et le relogement du secours populaire, nous sommes satisfaits de voir que nous arrivons à une solution.

Sur la délibération concernant Mistral et sur la délibération concernant La Villeneuve, plusieurs choses méritent d’être soulignées ici puisqu’on parle ici des placards qui s’écroulent sur la figure des élus, c’est l’échelle de temps à laquelle nous devons faire face collectivement sur ces dossiers-là.

Le dossier Mistral doit beaucoup à Jean-Philippe MOTTE qui, il y a une vingtaine d’années, a enclenché le processus de Mistral avec un autre élu ici présent dans le public, Pierre KERMEN, et il a été poursuivi par les équipes qui se sont succédées.

Il a donné lieu à deux difficultés. La première qui était de vérifier que pour l’ANRU l’ensemble du dossier puisse faire l’objet de financements, ce qui n’a pas toujours été très simple dans la négociation. La deuxième qui était de voir comment nous pouvions remettre de l’activité dans le quartier est de faire en sorte que les habitants non seulement voient leur environnement urbain être modifié mais aussi l’activité économique venir dans ce quartier de Mistral parce que c’est un des points difficiles du quartier.

La décision avait donc été prise de faire en sorte que ce tènement dont nous parlons ce soir puisse être dédié à l’activité économique et, comme Monsieur TUSCHER l’a dit à l’instant, pour ce qui ne concerne le fait de voir la poste ou une de ses filiales investir sur ce tènement amener de l’activité, des salariés qui apporteront cet échange, ce flux nécessaire pour que le quartier n’ait plus le sentiment d’être seulement un bout de ville mais qu’il participe pleinement du développement économique de la ville et de la métropole est une bonne nouvelle.

Deuxième bonne nouvelle, c’est que cela se fait dans la logique dite du dernier kilomètre, ce qui correspond aussi à un enjeu environnemental majeur auquel nos collectivités et nos grandes métropoles vont devoir faire face dans les années à venir, c’est-à-dire savoir comment le citoyen va pouvoir bénéficier de services commerciaux ou de services non commerciaux avec la moindre empreinte carbone possible.

Et là, je trouve que faire de Mistral par l’implantation de ce bâtiment finalement un des fers de lance de cette réflexion est aussi quelque chose qui doit collectivement nous permettre de dire aux habitants actuels et futurs du quartier : «  vous allez participer pleinement d’une démarche d’innovation en termes de développement urbain et de fonctionnement de nos villes demain ».

Et il faut insister là-dessus parce que ce quartier a besoin d’être valorisé à 2000 % en permanence. Ses habitantes, ses habitants ont besoin d’être identifiés, reconnus pour ce qu’ils apportent à la ville de Grenoble et au territoire. Bien sûr, il y a des difficultés et en tant qu’ancien adjoint en charge de plusieurs délégations, je ne suis pas le dernier à les identifier mais je crois quand il y a des points positifs qu’il faut en parler et les valoriser.

Sur la délibération concernant Villeneuve, nous avons entendu l’interpellation du DAL tout à l’heure. J’ai presque envie de vous dire : «  Finalement, tout ça pour ça ! »

Parce qu’en fait d’où vient le malaise ? Il vient du fait que pendant tout le mandat précédent vous avait tenu une position, arc-bouté,  de principe opposé à toute démolition dans le cadre de la rénovation urbaine de Villeneuve.

Alors on va jouer cartes sur table, pour le dossier du 10 20, le début de la négociation commence au mandat précédent et c’est Madame VUAILLAT qui négocie avec l’appui des services du maire de Grenoble, et de votre serviteur en tant qu’adjoint à la politique de la ville sur la fin du mandat, avec la SIC pour que soit envisagée la démolition du 10 20 et la modification de ce secteur.

Aujourd’hui, nous avons une délibération qui évoque ou la réhabilitation ou la démolition, ce qui de votre part est une dédite à l’égard de beaucoup habitants de la Villeneuve à qui vous avez dit, et avant, et pendant, et après la campagne, mais pas trop après quand même, la main sur le cœur qu’avec vous jamais ces démolitions n’auraient lieu. Nous allons voter les conditions de relogement parce que ce serait complètement délirant de la part d’élus de refuser le fait qu’on mette en place des conditions de relogement.

Mais nous le faisons ce soir sans que vous puissiez nous dire si nous le votons dans le cadre d’une démolition ou d’une réhabilitation lourde. Il faudrait quand même le savoir à un moment et je comprends pour ma part les questions qui vous reviennent en boomerang de la part de personnes qui ont pu penser légitimement et honnêtement que jamais vous ne feriez ça.

Si j’étais peu sympathique à votre égard, je vous dirais : « Bravo, vous faites ce que nous devions faire, continuez ! ». Mais là n’est pas la question. La question est que sur ces secteurs nous devrions avoir dès maintenant, sur la table, et j’espère que nous l’aurons au mois de juin, un schéma d’ensemble de ce secteur.

Vous avez racheté le Crédit Agricole, la question du positionnement du CCAS se pose. La question donc du devenir du 10 20 se pose. Qu’allons-nous faire exactement dans ce secteur de la Villeneuve.

Entendez bien ces questions-là, pour nous elles sont ouvertes et nous entendons ce qu’a dit Madame RAKOZE, et même Madame MARTIN qui l’a développé sur Mistral, à savoir que aujourd’hui, nous voyons bien que ces questions de renouvellement urbain ne peuvent pas s’arrêter seulement à la question du bâti et à des questions d’aménagement et d’urbanisme mais qu’elle doivent aussi prendre en compte les potentiels de développement de ces quartiers-là. Vous parliez de BORLOO tout à l’heure Monsieur le maire en disant que cette nouvelle dynamique c’est exactement ce qui est écrit dans le rapport BORLOO. On verra ce qu’en fait le Gouvernement mais ça, c’est une autre question et nous y reviendrons.

Donc sur ces délibérations-là, il y a sûrement votre pâte, c’est normal, une certaine continuité avec ce qui a été fait jusqu’à maintenant. Je pense aussi une humilité à avoir tous ici quand nous voyons les échelles de temps qui sont nécessaires pour mener ces dossiers là,  mais avec une chose c’est que même si tout à l’heure il y a eu un lapsus faisons attention aussi que l’on ne donne pas l’impression par une démagogie un peu facile à des habitants que tout pourra être modifié dans leur sens.

Vous allez ou vous avez déjà présenté le dossier définitif devant l’ANRU. Vous savez comme moi que l’ANRU reste aujourd’hui assez ferme sur les questions de démolition, de rééquilibrage de l’habitat sur ces secteurs-là. Il faut dire les choses sans se masquer derrière une décision qui nous serait imposée même si dans les faits, elle peut vous l’être à vous plus qu’à d’autres puisqu’au départ ce n’est peut-être pas ce que vous aviez l’intention de faire.

Mais moi je crois qu’il faut maintenant que chacun puisse dire clairement ce que va devenir ce secteur. Je vous demande de prendre un engagement au moins de présentation générale de celui-ci. Ca ne s’arrête pas aux 10 20 mais concerne aussi d’autres questions. Qu’est-ce que vous attendez de ces transformations-là ? Pourquoi vous ne les portez pas, et, pourquoi éventuellement vous pouvez changer d’avis, et, pourquoi vous pouvez le faire comprendre ou tenter de le faire comprendre non seulement dans cette salle mais au-delà ?

 

 

Par la suite au cours du débat

 

Merci d’avoir pris la parole en tant qu’adjointe à la politique de la ville et d’avoir donné votre éclairage.

Trois points et une question.

D’abord Madame BOILEAU je vous ai écouté attentivement et j’imaginais ce que nous aurions entendu au mandat précédent si une charte était arrivée même à midi rédigée par des habitants dans un dossier de ce type là, et que, nous vous aurions répondu, ce que j’entends de votre part, « c’est un peu tard et ça ne nécessite pas à notre avis un report ou un retrait de la délibération ».

C’est un point de vue qui se défend et puisqu’il faut agir en responsabilité, pour ce qui me concerne je peux entendre ces arguments ce qui ne veut pas dire que je les fais mien, mais j’imaginais sans peine le numéro auquel nous aurions eu droit.

Deuxième point, vous avez la main sur le cœur évoqué devant les Grenoblois ce soir la découverte des difficultés de négocier avec l’ANRU. Mais vous vous moquez du monde !

Oui, nous sommes élus depuis aussi longtemps vous et moi sur ces bancs-là à une petite différence près c’est que, avant le mandat précédent, vous avez été sept ans Présidente du bailleur social le plus important de la métropole qui s’appelle ACTIS et que vous étiez pleinement intégrée dans toutes les négociations et au moins les informations relevant des négociations avec l’ANRU.

Et vous voulez nous dire maintenant, ici, tranquillement, que c’était vraiment très difficile de découvrir à quel point la négociation avec l’ANRU peut être en effet une bataille acharnée. Je crois qu’il faut être clairs : votre copie initiale n’a pas été acceptée par l’ANRU et vous oblige aujourd’hui à nous dire que vous évoluez.

Vous avez pu changer d’avis, et c’est très bien de pouvoir le dire aussi aux Grenoblois : « sur ces dossiers-là, parce que le contexte peut aussi  avoir évolué, nous évoluons » c’est ça qu’il faut pouvoir dire. Tout à l’heure Elisa MARTIN disait qu’est-ce que nous voulons pour Villeneuve ? Tout le monde veut réussir sur ce dossier et cela amène évidemment une honnêteté d’intervention la plus large possible. Vous dites ce soir que vous avez pu changer d’avis, dont acte.

Nous nous restons sur une position mais elle peut aussi se modifier dans le temps qui est de dire «  très bien travaillons dans ce sens et voyons comment nous pouvons dépasser les difficultés. Que vous ayez face à vous des habitants,  des collectifs qui ne vous facilitent pas la tâche, bienvenue au club ! Excusez-moi,  mais bon là aussi « on découvre la vie » ou alors « c’est nouveau » ?

Il y a une petite différence c’est qu’en ce qui nous concernent nous faisons tout pour ne pas instrumentaliser ces choses-là et faire en sorte que l’on ne rajoute pas de lui sur le feu

Donc, il faut dire aux habitants de Villeneuve, à tous, que leur avenir passe demain sans doute par des démolitions à gérer, par le relogement de certaines personnes, et je salue au passage le fait que vous ayez entendu les difficultés des habitants du 40 parce que c’était une des questions que l’on se posait à savoir la difficulté de travaux en site occupé et comment ils allaient le vivre. Visiblement les retours vous confortent dans l’idée qu’il faut tout faire pour éviter les réhabilitations en site occupé. Dont acte, au moins ça prouve que l’expérience permet d’être plus efficace et plus à l’écoute des problèmes de vie quotidienne des habitants.

Le troisième point, c’est que je n’ai pas entendu de réponse sur la question de la présentation d’ensemble de ce secteur-là.

On ne peut pas parler en saucissonnant à chaque fois les dossiers. Il y a le 10-20.  Il y a aussi ce que vous avez évoqué dès le début du mandat en rachetant le Crédit Agricole sur le devenir du CCAS.

Sans vous demander une date précise, quand pouvons- nous avoir une présentation en conseil municipal au moins du schéma directeur de ce secteur et de ce qu’on veut en faire ?  Il faut aussi pouvoir dire aux habitants du secteur qu’on ne parle pas de délais à trois ou quatre ans et qu’on va encore prendre des décisions qui vont jouer sur cinq ou dix ans.

Voilà pour les trois points

La dernière chose, c’est une question. J’ai entendu Pascal CLOUAIRE. Comme tout le monde je suis l’actualité. Vous nous parlez du processus de pétition et sans doute derrière d’une votation citoyenne.

Je ne vous demande pas de vous prononcer puisque la juridiction qui doit le faire ne l’a toujours pas fait,  mais nous avons vu les conclusions du rapporteur public qui c’est le moins qu’on puisse dire ne sont pas extrêmement positives à l’égard de cette disposition. On peut en penser ce qu’on veut, et moi je pense que même si c’est imparfait le fait de pouvoir consulter les gens est toujours mieux que de ne pas le faire.  Mais nous avons une difficulté potentielle pour l’ensemble de cette assemblée et le dispositif que vous avez mis en place.

Monsieur CLOUAIRE une seule question : si le tribunal administratif va dans le sens du rapporteur public comment allez-vous faire pour tout d’abord  informer clairement les habitants qui portent la pétition et le conseil municipal, du dispositif que vous mettrez en place soit pour pallier à cette difficulté soit pour faire en sorte que la démocratie locale n’en subisse pas les conséquences.

Je me mets à la place des gens qui ont porté cette pétition, qui sont allé à la rencontre des habitants. 2000 signatures ce n’est pas aussi évident que ça. Je me mets à leur place si demain il n’y avait pas de suite alors qu’ils attendent une suite quelle qu’elle soit puisque vous avez aussi le pouvoir de refuser la votation derrière vous l’avez déjà démontré.

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