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Conseil municipal du 05 novembre 2018 – Rapport développement durable 2018

Intervention d’Anouche AGOBIAN

Nous nous réjouissons de constater que l’action menée de longue date par les précédentes équipes municipales en faveur du développement durable se poursuit. Nous saluons avant toute chose le travail réalisé par les services de la ville ainsi que par les élus.

Tout cela converge vers les mêmes objectifs, la lutte contre le changement climatique, la préservation et la protection des milieux naturels, la qualité de vie, la santé publique, la cohésion sociale et la solidarité …

Comme l’année dernière je tiens à revenir sur la définition internationale du développement durable telles qu’exposées dans le rapport Brundtland de 1987 que vous ne donnez pas dans son intégralité dans ce rapport

Il s’agit  d’« un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

•          Le développement durable doit être à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable.

•          Le social doit être un objectif, l’économie un moyen et l’environnement une condition.

•          Le développement est « durable » s’il est conçu de manière à en assurer la pérennité du bénéfice pour les générations futures.

Cette année encore on peut constater que ce document est très mince avec seulement 24 pages de rapport dont 12 pages sont consacrées à des photos ou des pages de titre.

Sur le fond, nous ne pouvons qu’être en accord avec les éléments exposés puisque la quasi-totalité des actions ont été engagées au court des mandats précédant votre arrivée et ne sont donc qu’une continuité de ce qui se faisait avant à la Ville de Grenoble et à la Métro.

Je me permets à nouveau de vous inviter à consulter les derniers documents présentés en novembre 2013 :   « Grenoble facteur 4   le bilan »  Novembre 2013 et le « Rapport développement durable 2013 »

Et il n’est pas inutile de rappeler que l’action de la Ville de Grenoble en matière de Développement durable avait été engagée à Grenoble bien avant 2014 et avait reçu de multiples  reconnaissances nationales et internationale pour la Zac De Bonne et pour le dispositif “Facteur 4”

Alors que le label Cit’érgie obtenu en 2017 n’a pu l’être que sur la base des démarches entreprises de longue date. Grenoble avait tellement d’avance sur le processus Cit’érgie  qu’il était  proposé que la Ville de Grenoble s’engage dès à présent au niveau 2 « J’agis » du plan air énergie climat.

Rappelons que sur le territoire de Grenoble :

la consommation d’énergie a baissé de 10% (14% attendu en 2014) ;
la production d’énergies renouvelables atteint 11% (14% attendu en 2014) ;
les émissions de GES ont baissé de 16% (soit au delà des objectifs fixés à 14% en 2014), celles de particules PM10 de 20% (-24% attendus en 2014), et d’oxyde d’azote de 33% (-47% attendus en 2014).
Pour les bâtiments de la Ville de Grenoble : avec une consommation énergétique des bâtiments en baisse de 19 % depuis 2005, la Ville a fait mieux que l’objectif qu’elle s’était fixé (10 %).
L’absence quasi permanente de chiffres dans votre rapport 2018, laisse craindre qu’il n’y a pas d’objectifs à atteindre et à fortiori pas de bilan et donc pas de compte à rendre

Beaucoup d’actions présentées mais beaucoup en marge de l’objet de ce rapport

Concernant le dispositif « Cœur de ville, Cœur de Métropole » nous vous invitions il y a un an à être prudent et à attendre les résultats qui démontreraient la pertinence ou pas de ce dispositif

Nous constatons que vous avez parfaitement suivi ce conseil puisque dans ce rapport consacré à la situation en matière de développement durable de la ville de Grenoble pas une ligne n’est consacrée au dispositif ou au bilan cœur de ville cœur de Métropole. Rien !

Et pourtant ce dispositif était présenté à l’origine comme mettant LE dispositif permettant de lutter pour la qualité de l’air respiré par les grenoblois et l’ensemble des métropolitains.

Que s’est-il donc passé depuis concernant CVCM que vous avez lancé sans aucune étude d’impact et avez décidez de fermer définitivement à la circulation plusieurs axes majeurs du centre ville et dont l’objectif était de « Réduire les nuisances et la pollution ».

Et bien précisément la pollution a augmenté de 15.% et démontre l’impact négatif sur la congestion du trafic et sur les nuisances sonores. Cette aggravation de la pollution est la conséquence directe de celle des embouteillages.  18 mois de CVCM ont en effet suffit à faire grimper Grenoble de la 10ème à la 6ème place dans le classement des villes les plus embouteillées (sources INRIX)
Bruxelles a déféré la France devant la Cour de Justice de l’Union Européenne et Grenoble est concernée car le dépassement du niveau maximal fixé par l’OMS a été multiplié par 2,3 selon les mesures ATMO.
Et le Président du SMTC en déclarant  que  « En 2025, plus aucun habitant de la Métropole ne sera soumis à des dépassements des seuils réglementaires européennes sur le dioxyde d’azote ».   a en fait officiellement annoncé 10 ans de retard par rapport à l’engagement de santé publique pris par la Ville et la Métro, en février 2014 c’est à dire simultanément à votre prise de responsabilité, qui était de ne plus dépasser les seuils d’émission en dioxyde d’azote après 2015. Cet engagement était (et est toujours) inscrit dans le PPA,
Aujourd’hui donc

Ce sont les Grenoblois qui vont voir leur santé impactée pendant dix années supplémentaires avec un dépassement du seuil de pollution défini par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Je me permettrai de faire une incise concernant la pollution de l’air extérieur

Le chauffage au bois, responsable de la pollution aux particules fines, à 50% des émissions sur l’année et jusqu’à 75% en période de froid. Le reste provient des véhicules polluants et connait actuellement une augmentation due au nouveau plan de circulation (CVCM).

Nous avons tous entendus que la Métro venait de doubler le montant de l’aide à l’acquisition d’équipements non polluants. C’est une très bonne chose.

Il était donc logique au vu des conséquences de vos décisions sur l’air extérieur que vous choisissiez de faire un focus sur la qualité de l’air intérieur.

Il est essentiel d’agir pour améliorer la qualité de l’air intérieur des crèches et des écoles maternelles et élémentaires, ainsi que des accueils de loisirs et les établissements sanitaires et sociaux et d’enseignement du second degré.

C’est d’ailleurs la réglementation des établissements recevant du public qui l’impose. Et celle-ci impose également d’informer les usagers des résultats de surveillance dans les ERP.

Le bilan réalisé en 2018 sur l’ensemble des crèches et écoles maternelles et élémentaires a démontré que l’ensemble de celles-ci, réalisées avant votre arrivée,  se situent en dessous des niveaux de concentration des polluants à ne pas dépasser »,  ce dont nous pouvons tous nous réjouir

Les démarches « qualité de l’air « concernant les rénovations des écoles Ampère, Elisée Chatin et Painlevé. » vont donc renforcer cette situation saine des écoles.

Concernant le groupe Joseph Valier, la convention passée avec l’AREA dans le cadre du réaménagement de l’A480 intègre une dimension qualité de l’air ce qui est là aussi positif pour les enfants de cette école.

A l’inverse nous ne pouvons que regretter cette « indifférence » concernant les écoles, collège et lycée impactés par le plan de circulation CVCM et l’augmentation de la pollution générée par les embouteillages Notamment au centre-ville et depuis le nouveau plan de circulation vers les quartiers sud de Grenoble .

C’est une nouvelle fois la démonstration de votre capacité à communiquer sur des ambitions que vous vous empressez de ne pas respecter lorsqu’il s’agit de vos intérêts

Vous décrivez les actions de la Métro, accompagnée par le Ville de Grenoble concernant le logement, la politique de la ville  et les déplacements.

Nous souscrivons bien-sûr à la totalité de ces actions puisqu’elles ont été initiées avant votre arrivée.

Par contre nous regrettons la décision que vous vous apprêtez à prendre au cours de ce conseil municipal de supprimer  le « dispositif d’aides aux travaux de ravalement et d’amélioration thermique dans le cadre du ravalement obligatoire ».

« Le bâti construit avant 1945 pour lequel des travaux de ravalement avec amélioration thermique par l’extérieur sont engagés : une aide de 5 000€ par bâtiment moyennant le respect des préconisations patrimoniales de la Ville de Grenoble et l’utilisation de matériaux « adaptés », plus un complément de 5 000 € dans le cas d’utilisation de matériaux bio-sourcés. »

Cette décision démontre de l’écart permanent entre votre communication et vos décisions.

Pour terminer, je crois qu’à un moment, il serait bien d’arrêter l’utilisation d’expressions fantaisistes telles que « approvisionner ou nourrir sa ville »

Cette Novlangue caractéristique de votre communication est incomprise et suscite plus de moqueries que d’engouement.

Encore une fois, la lecture de ce rapport nous laisse un sentiment d’approximation, de choix partisans imposés, et de vivoter sur les acquis de la précédente municipalité.

Pour imager mes propos, je dirai que vos politiques en matière de développement durable c’est un peu comme une médaille …

Côté pile : tout en or et bling bling pour les annonces et la communication ! Côté face : en fer blanc un peu rouillée sur les contours.

Un inquiétant constat du à certains de vos choix pour notre ville, lesquels ne fonctionnent pas !

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