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Conseil municipal du 18 décembre 2017 – Budget 2018

Intervention de Patrice VOIR

Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs condamnent nos collectivités à  l’asphyxie budgétaire. Entre 2015 et 2017, près de 12 milliards d’€ ont été soustraits arbitrairement et brutalement à l’ensemble de nos collectivités. Environ 10 millions d’€ pour notre ville. Cela a été pour vous le prétexte pour mettre en place un plan d’austérité dont même la droite n’aurait osé rêver.

Vous nous présentez aujourd’hui un budget prévisionnel qui présente une bonne santé financière de la ville avec une épargne nette de 5,05 millions, avec des dotations de l’État stables, là où vous aviez au départ envisagé leur baisse et des recettes de fonctionnement en hausse de près de 5 millions d’€. Cela aurait pu être une bonne nouvelle pour les Grenobloises et les grenoblois.

On aurait pu s’attendre à une pause dans le plan d’austérité que vous avez mis en place et que vous appelez plan de sauvegarde,  on aurait pu s’attendre à un budget qui renforce le service  public et qui privilégie la solidarité.

Celui que vous nous présentez relève d’un tout autre choix. En fait, vous relayez localement les choix austéritaires du gouvernement quand vous ne les devancez pas.

La dotation en légère augmentation et les recettes supplémentaires auraient dû vous conduire à desserrer le garrot autour des Grenobloises et des Grenoblois. Vous auriez pu sauver une bibliothèque, celle du village olympique par exemple. Les habitants des quartiers sud n’ont malheureusement pas fini de se sentir abandonnés par votre municipalité.

D’autant que la Loi de Finances pour 2018 entérine une nouvelle baisse des dotations de l’Etat aux collectivités, dans le prolongement du quinquennat précédent. Fin des contrats aidés, réductions des aides de politique de la ville, sur le logement social, baisse  de l’APL, report du financement sur les organismes de logement social en siphonnant  leur trésorerie.… Toutes ces mesures ont évidemment des conséquences terribles  pour les habitants.

Le Président Macron exige, quant à lui, des élus locaux, 13 nouveaux milliards d’économies en 5 ans. La saignée des dépenses publiques se poursuit alors que les niches fiscales coûtent 96 Mrds €, dont 20 pour le seul CICE. Un manque dans le budget de l’Etat dont le déficit est de 76 Mrds € en 2017.

De plus, cette réduction est assortie de chantage. Si les collectivités, les communes notamment, réduisent significativement leurs dépenses de fonctionnement en réduisant leur masse salariale ou en diminuant les services publics, elles pourraient être un peu moins touchées, à l’instar de 319 collectivités principales. Voilà peut-être une explication de vos choix budgétaires.

Avec le budget que vous nous présentez, vous aspirez à être les bons élèves de la classe. Fermeture d’équipements, baisse de 1,2 millions de la subvention au CCAS, stabilité de la masse salariale…

Vous baissez la subvention au CCAS, ainsi nous passerons d’une subvention qui était en 2015 de 25,4 millions d’euros à une subvention qui sera de 19 millions d’euros  alors que les inégalités se creusent, que les mesures gouvernementales frappent de plein fouet les plus modestes de nos concitoyennes et concitoyens et que le conseil départemental de l’Isère met à mal tout son secteur social. Sur qui va se répercuter la baisse des moyens du CCAS ? Les personnes âgées encore à qui on a infligé une hausse de  278% de l’abonnement transport ?

Dans un contexte de baisse continue, dans une des villes de France qui reste la plus dense en terme de vie associative et donc d’emplois associatifs avec les conséquences que cela peut avoir, vous baissez à 17,5 millions d’euros les subventions aux associations. En 2015, ces subventions représentaient 24,5 millions d’euros.

Vous entérinez la fermeture d’équipements de lecture publique ainsi que d’autres équipements à la population,

Vous affichez une masse salariale stable mais cela cache en réalité des coupes dans les effectifs, comme le montre la ligne 64118 en baisse de 8 millions et la ligne 64131, qui baisse, elle d’un peu plus d’un million. A effectif constant entre le GVT et les mesures gouvernementales le budget consacré au personnel aurait dû légèrement augmenter.  Sont affectés les services de la culture, des sports, de la santé scolaire, Mais c’est aussi sur les renforts que vous faites des économies et c’est notamment au détriment de la propreté urbaine.

Moins de personnel c’est moins de service aux Grenobloises et Grenoblois et le service public c’est la richesse de ceux qui n’en ont pas.

Si l’on ajoute à cela l’évolution continue en augmentation des tarifications municipales depuis maintenant 3 ans et parfois dans des proportions assez considérables, l’augmentation des recettes de stationnement de 5 millions d’€  et les 1,55 millions d’€  d’augmentation des recettes de redevance d’occupation du domaine public, vos choix budgétaires viennent atteindre le pouvoir d’achat de nos concitoyennes et de nos concitoyens au quotidien ces choix ne sont pas en faveur des grenobloises et grenoblois les plus en difficulté.

Pour synthétiser vous ne profitez des 5 millions de marge ni pour l’amélioration du service public, ni pour la solidarité, ni pour l’investissement.

Alors après tout un budget primitif c’est la traduction d’une politique municipale et c’est votre 4ème budget.

Et ce qui caractérise votre politique c’est une distorsion permanente entre les mots et les actes. Vous nous aviez promis une ville plus solidaire et vous diminuez les moyens du ccas, fermez des équipements dans les quartiers populaires de la ville, plus démocratique et vous avez l’oreille sélective.

La démocratie c’est accepter le choix majoritaire ce n’est pas sélectionner ce qui nous arrange et mettre de côté ce qui ne nous arrange pas, la démocratie ce n’est pas refaire les règles d’une votation citoyenne au gré des circonstances.

La démocratie c’est d’accepter la décision majoritaire. Quand vous changez les règles d’une votation citoyenne, c’est cette notion du  » tous les mêmes « , voire pire, le  » tous pourris » que vous confortez.. En matière de participation citoyenne, les grenobloises et les grenoblois pourraient présenter eux-mêmes des projets d’investissement et le budget participatif pourrait représenter 5% du budget d’investissements de la ville. Ce projet serait salutaire en cette période de crise de la représentation politique. Pour un adepte de « la sobriété heureuse » vous avez largement vilipendé les dépenses somptuaires de la municipalité précédente en matière de festivité. Mais là pas de plan de sauvegarde ou d’austérité j’en veux pour preuve l’augmentation de la ligne « festivités » de 300 000 € .

Avec ce budget, vous faites du Macron ! Vous avez la même addiction à la réduction de la dépense publique.  Votre budget, ce n’est pas un budget de maire qui a de l’ambition pour sa ville, ce n’est pas un budget audacieux, ce n’est pas un budget au service de tous ses habitants, vous laissez les plus fragiles sur le bas-côté, c’est un budget de renoncement !

Contrairement à vous, parce que nous voulons une politique au service de toutes et tous, notre projet serait un budget de résistance pour la solidarité, l’éducation, la culture et l’emploi.

Les amendements que nous défendrons donneront à voir ce qu’aurait pu être un autre budget.

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