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Conseil Municipal du 06 novembre 2017 – Rapport Développement Durable 2017

Intervention d’Anouche AGOBIAN

Nous nous réjouissons de constater la volonté de la ville de Grenoble à poursuivre l’engagement pris de longue date en faveur du développement durable. Nous saluons avant toute chose le travail réalisé par les services de la ville ainsi que par les élus.

Vous avez raison de replacer cela dans le contexte de prise de conscience internationale, nationale et locale avec la loi du 12 juillet 2010 dites Grenelle 2, la loi d’aout 2015 sur la transition énergétique, la COP 21, la COP 22. Au plan local, le « Plan d’action air énergie climat » porté par la métropole et ce soir, l’engagement de la ville de Grenoble, la ville centre.

Tout cela converge vers les mêmes objectifs, la lutte contre le changement climatique, la préservation et la protection des milieux naturels, la qualité de vie, la santé publique, la cohésion sociale et la solidarité … Nous sommes totalement en accord avec ces grands principes …

Cependant, le rapport présenté ce soir nous conduira à exprimer plusieurs remarques

Je souhaite dans un premier temps revenir sur la définition du développement durable que vous exposez en introduction de la délibération en précisant qu’il s’agit de la définition du code de l’environnement.

1° La lutte contre le changement climatique ;

2° La préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources ;

3° La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations ;

4° L’épanouissement de tous les êtres humains ;

5° La transition vers une économie circulaire

 

Ceci n’est pas exact

Ces cinq points ne sont pas la définition mais les finalités du développement durable  telles qu’exposées dans le rapport Brundtland de 1987 qui donne lui la définition internationale développement durable

Le rapport Brundtland en 1987 définit le développement durable comme

« un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

•          Le développement durable doit être à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable.

•          Le social doit être un objectif, l’économie un moyen et l’environnement une condition.

•          Le développement est « durable » s’il est conçu de manière à en assurer la pérennité du bénéfice pour les générations futures.

 

Ma seconde remarque concernera le document lui même

Vous précisez que «  la loi nous laisse libre de la forme de ce rapport » et  que vous avez fait le choix « d’un support plus court et pédagogique afin que les enjeux du développement durable soient mieux appropriés par tous : élus, services de la ville et grand public. »

Ce choix laisse perplexe parce que à l’époque de l’open data et d’internet rien n’empêche de faire long, exhaustif et clair et de faire confiance au citoyen pour rechercher les informations dont il a besoin.

Ce choix du non exhaustivité peut aussi faire craindre l’abandon en catimini d’actions en faveur du développement durable.

De plus placer « les élus » puis  « les services »  avant le grand public semble là aussi sinon maladroit du moins révélateur des urgences propres à votre majorité.

Au final on peut vous accorder le fait que votre objectif de faire court est atteint puisque sur seulement 25 pages de rapport, 9 pages sont consacrées à des photos ou des pages de titre.

On constate également que votre focus thématique de 6 pages traite de la Mobilité qui est de compétence  Métropolitaine.

 

Sur le fond

Nous ne pouvons qu’être en accord avec les éléments exposés puisque la quasi-totalité des actions ont été engagées au court des mandats précédant votre arrivée et ne sont donc qu’une continuité de ce qui se faisait avant à la Ville de Grenoble et à la Métro.

Je me permets de vous inviter à consulter les derniers documents présentés en novembre 2013 :

•          « Grenoble facteur 4   le bilan »  Novembre 2013

•          « Rapport développement durable 2013 »  Novembre 2013

Je les tiens à votre disposition …

 

Il est donc regrettable de constater que dans votre présentation, vous faites comme si tout avait commencé à votre arrivée. 2014 n’est pas l’année 0   du développement durable à Grenoble !

     Alors que les reconnaissances nationales et internationale ne faisaient que mettre en valeur l’action  de la Ville de Grenoble en matière de Développement durable

Pour la Zac De Bonne

  • Grand Prix National Eco-quartier (2009)
  • Marianne d’Or du Développement durable (2010)
  • Label national Eco-quartier (2013)

 

Pour le dispositif “Facteur 4”

  • Ruban Développement Durable    (2011 et 2013)

 

Mais aussi

Grenoble en tête du Championnat des Énergies Renouvelables sur le biomasse en 2010, 2011 et 2012.

Et

Grenoble 1ère VILLE accessible de France    (Association des Paralysés de France, 2013)

 

Et enfin,

Alors que le label Cit’érgie obtenu en 2017 n’a pu l’être que sur la base des démarches entreprises de longue date

Rappelons que sur le territoire de Grenoble :

  • la consommation d’énergie a baissé de 10% (14% attendu en 2014) ;
  • la production d’énergies renouvelables atteint 11% (14% attendu en 2014) ;
  • les émissions de GES ont baissé de 16% (soit au delà des objectifs fixés à 14% en 2014), celles de particules PM10 de 20% (-24% attendus en 2014), et d’oxyde d’azote de 33% (-47% attendus en 2014).
  • Pour les bâtiments de la Ville de Grenoble : avec une consommation énergétique des bâtiments en baisse de 19 % depuis 2005, la Ville a fait mieux que l’objectif qu’elle s’était fixé (10 %).

La ville avait tellement d’avance sur le processus Cit’érgie  qu’il était  proposé que la Ville de Grenoble s’engage dès à présent au niveau 2 « J’agis » du plan air énergie climat.

Au regard de cet exposé, il est inconcevable, voir incorrecte que vous ne parliez pas de tout ce qui avait été fait avant votre arrivée… Si vous êtes en capacité d’écrire aujourd’hui ce rapport c’est notamment grâce à l’engagement et à la capacité d’anticipation des équipes successives.

Il aurait été loyal de le souligner de façon plus marquée !!!

Tout comme votre mémoire sélective concernant les anciennes municipalités, la Métro est elle aussi régulièrement oubliée dans ce document…

Quelques interrogations pour finir

•          La faiblesse du document ne reflète elle pas l’abandon de nombreuses actions ?

•          L’absence quasi permanente de chiffres, laisse craindre qu’il n’y a pas d’objectifs à atteindre et à fortiori pas de bilan et donc pas de compte à rendre

Enfin et pour conclure, Concernant Cœur de ville, Cœur de Métropole, il serait bien plus prudent d’attendre les résultats de l’observatoire qui démontreront la pertinence ou pas de ce projet.

Il vous reste 2 ans et demi pour démontrer que votre spécificité écologiste n’est pas qu’un slogan !!

Merci

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