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Lettre ouverte au Maire de Grenoble : « Nous devons débattre en Conseil Municipal des moyens de garantir la sécurité des Grenoblois »

Monsieur le Maire,

Plusieurs actes de violence urbaine ont touchés la Ville de Grenoble dans les deux dernières semaines avec tout d’abord l’incendie d’un entrepôt technique de la gendarmerie nationale, puis il y a trois jours en milieu de soirée le mitraillage à la Kalachnikov d’un magasin du centre-ville.

Vous le savez, ces actes criminels ont été précédés par de nombreux actes criminels et de violences gratuites ces dernières années avec une accélération en 2017.

En 2015 :

  • Incendies du Théâtre Prémol et des locaux de l’AJAV
  • Fusillades multiples

En 2016 :

  • Fusillades devant les écoles Ampère (22/03) et Jean Racine (25/04)
  • Attaques de permanences de partis politiques (dont les mitraillages de la fédération du PS)

En 2017 :

  • Janvier : attaque du bureau de police de la Villeneuve ; attaque à la voiture bélier d’un local municipal sur Mistral
  • Avril : dégradation de 185 composteurs sur les 450 que compte le réseau de la SEMITAG et des abribus sont saccagés
  • Mai : incendie de nombreux véhicules sur le parking d’Enedis (anciennement ERDF)
  • Juin : incendie du Collège Lucie Aubrac de la Villeneuve
  • Septembre : incendie du garage de la Gendarmerie de Grenoble

Aujourd’hui la Ville de Grenoble que vous administrez depuis trois ans donne le sentiment de rester sur une posture d’observateur plus que d’acteur de la sécurité du territoire.

Cette certitude ne peut être que renforcée par l’absence de réaction de la Ville suite à la dernière fusillade, malgré le papier du 5 octobre dans la presse locale.

Dans la lettre ouverte que nous vous avions adressée le 25 février 2016, lettre restée sans réponse,  nous vous interpellions déjà sur cette absence de volonté d’agir.

« Les derniers mois ont été particulièrement durs pour Grenoble et l’agglomération en matière de sécurité. Il serait injuste et malhonnête de dire que le phénomène est totalement nouveau. Ce qui l’est en revanche c’est l’ampleur du phénomène et l’absence de réaction claire de la part de la ville centre. Depuis deux ans, un  » grand débat » devait être organisé en conseil municipal comme l’avait évoqué votre première adjointe. Aujourd’hui cette dernière ne l’a toujours pas porté devant les élus et les réponses tant aux grenoblois qu’en interne aux services en charge des questions de prévention et de sécurité restent dilatoires et souvent floues…

« Les Grenoblois ont souvent le sentiment d’être confrontés à des élus qui ont choisi de ne pas voir ou de ne pas comprendre. Ce sentiment claque comme un déni de réalité et s’accompagne d’un discours qui stigmatise ou comme d’habitude se défausse en permanence sur d’autres, l’Etat et donc aujourd’hui la Métropole…devant ces non réponses, le désarroi ou le sentiment d’abandon de nombreux Grenoblois est réel. Il n’est pas sain, et les personnels de la Police Municipale n’échappent pas à cette incompréhension.»

Nous tenions également à vous rappeler les responsabilités qui vous incombent en tant que Maire

« Vous avez Monsieur le Maire une responsabilité qui est grande en matière de sécurité, et votre rôle est aujourd’hui central dans l’organisation et la coordination des politiques mises en œuvre sur le terrain avec l’état, le département et la justice. Le discours de la méthode ou de l’impuissance contribue non seulement à l’insécurité qui peut être ressentie par certains de nos concitoyens, mais aussi à la tension qui peut en résulter. »

Après les décisions fortes et claires prises par le gouvernement et annoncées par le Ministre de l’intérieur à Grenoble, il paraît urgent de lever tous les doutes sur l’organisation de nos propres services de Police Municipale et votre volonté d’être pleinement acteur des politiques publiques en matière de sécurité. »

Ces demandes sont plus que jamais d’actualité.

Ce sujet est difficile et nécessite une mobilisation collective, nous sommes prêts à travailler ensemble sur cette question, les oppositions stériles et les postures desservent les Grenoblois qui sont les victimes de la situation et ne supportent plus la dégradation de leur cadre de vie, et de l’image de leur ville.

Certains en profitent d’ailleurs pour ajouter de l’huile sur le feu sans se rendre compte que c’est notre patrimoine commun qui est en jeu, celui d’une ville ou la qualité de vie a constamment été pointée comme un atout essentiel.

C’est pourquoi nous vous demandons d’organiser un Conseil municipal dont les modalités pourraient être discutées en Conférence des Présidents afin que celui –ci permette de

  • réunir l’ensemble des acteurs de la prévention et la sécurité publique (Préfet de l’Isère, Procureur de la République, Parlementaires, Associations de prévention, représentant des CCI et Unions de quartier… la liste pourrait être établie par la conférence des présidents) et toutes les composantes du Conseil Municipal pour ensemble poser les différents paramètres de la situation.
  •  débattre en Conseil Municipal pour définir clairement les moyens que la ville doit mettre en œuvre pour participer à ce retour à l’ordre et une ville réellement  « apaisée »

Nous sommes conscients de la responsabilité collective induite par une telle demande sur un sujet qui préoccupe fort justement nos concitoyens. En ce qui nous concerne, nous préférons regarder comment avancer concrètement sur ce sujet et le faire dans cet état d’esprit de responsabilité.

Nous vous prions de croire, monsieur le Maire, en l’assurance de notre considération.

 

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